Injures homophobes
Le tribunal correctionnel de Lille a donc condamné, le 24 janvier, le député UMP Christian Vanneste pour "injures homophobes". Le député du Nord avait soutenu, à diverses reprises, l'idée que l'homosexualité constitue une menace pour la survie de l'humanité et ne doit pas avoir rang égal avec l'heterosexualité. C'est la première fois qu'une condamnation est prononcée sur la base de la loi du 30 décembre 2004. C'est là, sur un sujet sensible et grave, une décision lourde de menaces. Certes, l'homophobie existe. Et rien ne justifie que des personnes puissent être harcelées, injuriées, discriminées voire même agressées physiquement en raison de leur orientation sexuelle. Rien ! Mais les "actes" homophobes tombent depuis sous le coup de la loi. Désormais ce sont les "propos" qui sont en cause et c'est là une toute autre affaire. Les questions relatives à l'homosexualité "font débat" dans notre société. Tenir pour "injures homophobes" la simple formulation d'opinions qui font partie du débat est une atteinte pure et simple à la liberté d'expression. Que de simples "propos" puissent un jour, chez certains, nourrir ou légitimer des "actes" est une hypothèse recevable. un risque qui doit être pris en considération, mais pas au point de bafouer un droit élémentaire ! Il est grave pour une démocratie qu'un débat sur des questions aussi essentielles puisse se trouver confisqué, interdit, pénalisé, au nom du droit concédé à une minorité, de faire prévaloir "sa" vision des choses. Les médias se réjouissent parfois de voir tomber, dans un élan émancipateur, nombre de "tabous" qui seraient , chez nous, les derniers vestiges de sociétés primitives. Comment ne pas voir qu'avec leur connivence, ce sont de nouveaux tabous qui viennent en fait de substituer aux anciens pour soustraire au débat démocratique des questions qui devraient rester ouvertes. Nos libertés ne peuvent s'accomoder de ce politquement correct-là. A plus !
SOURCE : http://phosphore.typepad.com/renepoujol/2006/01/injures_homopho.html
